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Yves Taillefer nous dit tout ! |

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Interview exclusive |
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6) On sent aussi une grande expérience dans les grands jeux : intrigue, enchaînement, thème imaginaire… Il y a notamment quelques scènes mémorables pendant lesquelles les éclaireurs s'affrontent, voire se « tapent dessus », même si cela reste dans le cadre du jeu scout, avec des règles. Mais à certains moments, on ne sait plus très bien si c'est du jeu… Ne craignez-vous pas qu'on vous le reproche ? Pour qu'un grand jeu marche, il faut qu'il « morde » ; pour qu'il morde, c'est-à-dire pour qu'il y ait de l'enjeu, il faut que la frontière du jeu et du réel se brouille. Le but du jeu scout est précisément que réalité et fiction se marient de sorte que la réalité soit modifiée au terme du jeu. Un bon jeu est très difficile à monter, il demande beaucoup d'efforts aux chefs, même si les chefs eux-mêmes ne jouent pas. Les garçons qui jouent se battent souvent. Boys will be boys, disait philosophiquement Baden-Powell, les garçons sont toujours des garçons. Le garde-fou du jeu est le fair-play, c'est-à-dire qu'on se bat franchement, mais non méchamment. Mes scouts se battent comme des joueurs de rugby : ils ne font pas semblant, mais quand un garçon est à terre, son adversaire le relève. C'est ce que Pierre-Louis Gérin nommait « le beau jeu ». |



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